American Horror Story : Roanoke (2016) Under the Killing Moon

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Alors que le nombre de fans rapetisse (ou subit même un certain revirement selon le thème), on se demandait bien comment American Horror Story allait rebondir pour sa saison 6, néanmoins attendue même pas les sceptiques. Surprise : le teasing diffusé traditionnellement quelques mois avant la diffusion du premier épisode refuse de révéler le thème. Les teasers, tous très énigmatiques et contradictoires (dont certains n’auront rien à voir avec le véritable thème !) sèment le doute, allant même flirter avec la promo du single de Lady Gaga, Perfect Illusion. Le mystère était total, et avouons-le, assez réjouissant.

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Septembre 2016, le premier épisode débarque : zéro générique et un concept à faire frémir les puristes : My Roanoke Nightmare est un mockumentary racontant le calvaire d’un couple bobo dans leur nouvelle maison de campagne. Une immense ferme située en Virginie du Nord, achetée pour une bouchée de pains, et accueillant bien sûr des spectres malfaisants. La série alterne entre des scènes de « reconstitutions» et les interviews des véritables protagonistes, en réalité des acteurs au physique bien connue (Lily Rabe, André Holland, le médecin noir conspué de The Knick ou Adina Porter, la maman fanatique de Tara dans True Blood). Le concept, outrageusement risqué, sort indéniablement le spectateur de la série de sa zone de confort. Une bonne chose en soit.

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Le manoir, imposant ses couloirs clairs-obscurs, est visité régulièrement par des fantômes de pèlerins sanguinaires, guidée par The Butcher, une matrone impitoyable (Kathy Bathes, doublement déchaînée) réclamant des sacrifices humains à la chaîne, en particulier durant la période de la « blood moon » (une idée se réappropriant de manière un peu maladroite les conséquences de la Toussaint sur le monde des vivants et des morts, bien connues de l’univers de AHS). Mais on croise également un homme cochon déglingué, déjà cité entre les murs de la Murder House de la première saison. Dans le même épisode en question (le 6ème de la saison 1 : miroir miroir…), la medium Billie Dean y évoquait la colonie fantôme de Roanoke. Évidemment, forcément.

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Très premier degré (seul le personnage de Cricket Marlowe, variante queer de la Tangina de Poltergeist, apporte une touche d’humour), criblé de clichés et diablement répétitif, My Roanake Nightmare perd rapidement en vitesse, en plus d’une structure handicapante (pourquoi avoir peur pour des personnages que nous savons vivants ?). Bref, quelque chose ne tourne pas rond…

Alors que Lady Gaga (en divinité sexuelle et forestière) et Frances McRoy (en redneck dégueulasse) ont droit à leur petit quart-d’heure (trop peu hélas), la série ouvre un volet sur une deuxième partie dès plus surprenante : Three Days in Hell. Acteurs et protagonistes sont invités à tourner un reality show dans la demeure hantée, sous le regard d’une foule de caméra. Et là, la série retrouve la hargne, la drôlerie et l’énergie qui l’a toujours caractérisé.

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Véritable pendant horrifique de Unreal, Three Days in Hell redéfini et réinvente tout ce qu’on a pu voir jusque ici, laissant place à des personnages bien mieux trempés (Sarah Paulson, qui incarne pas moins de 3 rôles ici, est à crever de rire en actrice british égocentrique), des saillies gores gerbeuses et à une tension folle dingue. AHS is always AHS.

Toujours obsédé à l’idée d’aller au bout de son concept (pour ne pas dire trop), la série se conclue sur un dernier épisode continuant son exploration des médias (talk-shows et autre chasseurs de fantômes de pacotille) jusqu’à la nausée : la critique méta est lourde, la tournure des événements devient invraisemblable, et tout le show se met à reposer sur la performance de Adina Porter, très convaincante certes, mais cimentée dans des dilemmes moraux déjà vu dans d’innombrables bandes fantastiques espagnoles ou américaines. Rollercoaster un peu boiteux, l’infernale attraction Roanake nous rappelle au moins que Murphy n’est pas prêt de se laisser aller.

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