La revanche de Freddy (1986) Jack Sholder : Un homme de rêve

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Panpan cuculte. Au même titre qu’Aliens, le retour est devenue un grand classique butch-goudou, La revanche de Freddy est sans doute LE film d’horreur gay des années 80’s. Vous êtes confus ? On va tout vous expliquer.

Cas rarissime dans une industrie où l’homo est diabolisé ou éradiqué, ou généralement les deux à la fois, Freddy’s Revenge réussissait à l’époque à être à la fois assez cryptique pour passer comme un rien (la production avoue n’y avoir vu que du feu), et assez explicite pour paraître réjouissant aujourd’hui. Signé par un faiseur doué à qui l’on doit deux autres hits de la New Line (les très bons Alone in the Dark et Hidden), cette séquelle est aussi réputée, à tort, comme la plus faible de la saga, et ceci pour une raison très simple : elle brise les règles instaurées par Craven. Mais l’intérêt d’une séquelle, surtout dans le domaine horrifique, n’est-elle pas d’amener quelque chose de nouveau vis à vis de son modèle ?

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Jack Sholder et son scénariste David Chaskin (très au fait de l’aspect ambigu du script) font tout pour ne pas livrer un slasher bis, délaissant même l’onirisme spectaculaire du premier film (on en vient à ne plus distinguer rêve et réalité) pour un virage inattendu vers le body-horror. On notera justement que Freddy’s Dead, l’autre volet mal aimé de la saga, tentait lui aussi de faire autre chose que de suivre les étapes d’un bodycount linéaire (bien que souvent impressionnant et inventif).

Voyant ses apparitions diminuées et son maquillage relooké, Freddy Krueger jette ici son dévolu sur Jesse, un ado sans histoire venu déménager à Elm Street, et plus précisément dans la maison témoin des événements du premier opus. Le garçon sera le passeport du vilain vilain pour le monde réel, le boogeyman se servant alors de son corps comme un vaisseau pour semer la terreur. En somme, toute l’intrigue tient sur une image au delà même de l’homosexualité : un homme en possède un autre. Rien que ça. Plus concentré sur la psychologie défaillante de son héros, Freddy’s Revenge voisine avec le film de maison hantée, mais aussi le possession-flick, avec des situations proches du film de loup-garou ou évoquant une autre séquelle poisseuse et sexuelle, le fameux Amytville 2. Avec ses meurtres brutaux et son atmosphère lourde, ce sera également le dernier film de la saga (excepté le méta Freddy sort de la nuit) à mettre en scène un Freddy sobre et effrayant avant son virage cartoon.

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Alors que le cinéma d’horreur, et surtout le slasher, donnait l’occasion aux finals girls de s’épuiser, Freddy’s Revenge offre un héros fragile, efféminé et terrifié, incarné par un Mark Patton alors androgyne et ouvertement gay (ce qui lui causera d’être mis à la porte d’Hollywood). Avant l’arrivée de personnalités comme Clive Barker, Victor Salva ou David DeCoteau, le film de Jack Sholder pose déjà les bases du « fear for queer » avec un héros très couramment filmé torse nu et ruisselant (la chaudière comme métaphore du désir dormant), finissant jockstrap à l’air sur la pelouse ou poussant des cris très éloignés de ce que le cinéma attendait en terme de modèle de virilité. Une silhouette fascinante arrosée d’un sous-texte d’une discrétion toute relative : au beau milieu d’une partie de frotti-frotta, Jesse est stoppé net par l’apparition inopinée d’une langue longue et molle (comment ça vous comprenez pas ?), se retrouve surprit en train de mimer une branlette avec des lunettes pailletées (coucou le poster de Kate Bush qui se cache dans le décor !) après avoir ranger ses tiroirs avec son cul, ou se paume littéralement dans un cruising bar.

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À cela, on pourrait ajouter de très nombreuses situations mimant assez clairement un coming out difficile (l’incompréhension des parents, la petite amie rejetée, la scène de rêve introductive où Jesse se terre dans un bus derrière deux pestes) ou même tout simplement du porno (le prof de sport sm fouetté cul nu dans les douches puis assassiné « par derrière », la scène de transformation chez le bon pote à oilp qui finira placardé contre un mur). Sidérant. Bien sûr, le brave héros sera sauvé par l’amour de sa petite amie (qui ressemble à…Meryl Streep !!), avant de voir Freddy revenir, le bras griffu surgissant à l’improviste, érectile. On ne peut pas faire plus clair…

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