Long Weekend (1978) Colin Eggleston : Croque-Vacances

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Un week-end ça peut-être long. Très long. Surtout quand on s’aime plus. C’est l’expérience que feront Peter et Marcia, qui vivront alors les pires vacances de leur vie. Les dernières aussi.

Au coeur de l’ozploitation (= le cinéma d’exploitation australien), la nature australienne semble avoir toujours été une actrice à part entière. Le bush maudit, ancestrale, chargé, déserté. Quelque chose qui a toujours dépassé les personnages. Diamant brut de cette époque faste, où cinéma bis pouvait encore rimer avec style, Long weekend n’a été qu’un simple feu de paille dans l’encyclopédie du cinéma fantastique, bien que grassement récompensé au festival du Rex et d’Avoriaz. Pourtant aujourd’hui, nulle trace de dvd en France…

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Dans la filmo du faiseur Colin Eggleston, le film est un coup de tonnerre : réalisateur solide, il illustre le bonhomme number one de l’ozploitation à l’époque : Everett de Roche. On lui doit les scénarios de Razorback, Harlequin, Déviation Mortelle, Link, Snapshot… tous des bijoux de bizarreries, des réussites. Premier de la liste, Long-Weekend en est l’exemple le plus fascinant, le plus éclatant.

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Un simple panoramique sur un rocher et une baie se dévoile, grandissante. La très belle musique de Michael Carlos nous susurre quelque chose de terrible, d’inéluctable. On ne voit rien mais déjà on sent tout. Peter et Marcia forment un couple au bord de la crise de nerfs (pour ne pas dire qu’ils sont en plein dedans) : dans un geste désespéré, monsieur emmène madame au bord de la mer, pour prendre le large et faire un break. Personne n’y croit, la tension est à son comble, et rien ne semble racheter ces deux là. On pourrait être chez Sautet, Chabrol ou Bergman. Mais un truc cloche, indéniablement.

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Ce qui frappait dans le cinéma australien de ces années là, c’est le goût pour les angoisses sourdes, les atmosphères qui en disent beaucoup avec pas grand-chose. Une cigarette qui commence à s’embraser, le regard d’un client à travers une vitre, une route sans logique, un orage soudain : tout ce qui précède le fameux « long weekend » suggère déjà une menace dont on ne comprends pas réellement la teneur. Efficacité assurée.

Face à leur désarroi conjugal, traité avec une modernité telle que le propos n’a pas changé d’un iota de nos jours, les deux chamailleurs vont vite voir leurs disputes se doubler d’événements parasites. Des animaux volontiers agressifs, des cris dans le lointain, une ombre tapie dans la mer…oubliez fantômes, aliens et serial-killer, car ce que le spectateur devra le craindre le plus, c’est le décor même, une mère nature vengeresse et spectrale qui a décidé de rendre la monnaie de sa pièce.

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Ce qui coule dans Long-Weekend, c’est la sève d’un fantastique qu’on pourrait qualifier d’une grande pureté : on ne rationalise pas, mais tout est clair. Comme durant cette scène où Peter et Marcia, chacun de leur côté, découvrent le danger qui les guette. Ce qui fait aussi la force inépuisable du film de Eggleston tient aussi bien dans sa maîtrise quasi-hitchcockienne de l’horreur (l’incroyable course dans la forêt qui semble alors se décharner à vue d’oeil sans aucun effet spécial) que son esprit écolo. Pas écolo façon fable greengreen un peu piquante qui agite le doigt en fronçant les sourcils, mais plutôt quelque chose de très méchant et d’une noirceur vertigineuse. C’est tellement fort, tellement universel, qu’on se demande quel mouche a piqué le sympathique Jamie Blank pour en faire un remake appliqué (et inutile) en 2008.

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