Xanadu (1980) Robert Greenwald : They see me rollin’ , They Hatin’

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Troquant son gilet rose pour un blouson noir, Olivia Newton-John incendie le box-office et les charts avec Grease. Mais à l’inverse d’un Travolta qui était acteur avant d’être chanteur, et n’aura pas trop de mal à rebondir, il fallait trouver un nouveau véhicule pour la belle Olivia. Le pari était risqué tant la fin des années 70 et le début des années 80 ne semblaient définitivement plus la grande époque des comédies musicales : Xanadu tenta le tout pour le tout. Résultat : une bluette (pour plaire à tout le monde) + un groupe populaire (E.L.O) + une ancienne star du genre (Gene Kelly) + une tendance (le roller, alors totalement à la mode). L’addition était prometteuse mais Xanadu sera victime de sa candeur : ce sera un flop monumental (hormis quelques chansons qui elles, feront un tabac !).

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Entre les ventes vidéos, les fans d’Olivia, ceux de E.L.O et le public LGBT (le film est devenu un classique camp), Xanadu a fini avec le temps par devenir culte…surtout outre-atlantique, avec même une adaptation sur les planches à la clef. Considéré parfois à tort comme un nanar, Xanadu ne sera en effet d’aucune grande utilité aux allergiques d’ELO, d’Olivia et du kitsch servi à la louche. À l’inverse, vous en serez dingue.

On était foufou à la fin des 70’s : tout le monde (ou presque) faisait du roller. Et ça dansait aussi au roller-disco (que Madonna fut à deux doigts de remettre au goût du jour dans les années 2000). On glissait, on voltigeait. Le Sida allait frapper aux portes, et tout fut soudainement moins drôle. Xanadu est le fruit de cette période de transition entre deux décennies, comme l’affreux et génial Roller-Boogie. Du coup, ne vous étonnez pas de vouloir chausser vos patins après avoir assisté aux frasques de Olivia en muse à deux roues, visiblement très très contente d’être là. Nous aussi.

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On est léger, elle aussi, tout le monde l’est, même le scénario : un illustrateur de couvertures d’album frustré (incarné par un Michael Beck évadé des Guerriers de la nuit !)  tombe amoureux de la muse de la danse, venue pour lui faire un petit bisou, et décide d’ouvrir une boite (ou un truc qui s’en approche) à partir de rien. Croyez en vos rêves, tombez amoureux, dansez, roulez. Xanadu c’est ça et rien de plus. Le tout dans un Venice Beach où tout le monde est beau et gentil. Alors tout ça c’est guimauve, glucose, tout ce que vous voudrez, mais c’est le prix à payer ; ce qu’on aime avec le recul, c’est l’énergie, la joie, l’insouciance d’une époque qu’on se prend en pleine gueule, surtout en des temps aussi cyniques que les nôtres.

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Au milieu des néons, paillettes, fx fluos et autres papillons de lumières, Xanadu se proclame aussi comme un hommage à l’âge d’or de la comédie musicale, chose dont ne se réclamait pas tous ses camarades. D’un côté, on a un produit de son époque, de l’autre, Gene Kelly, pimpant dans son dernier rôle au cinéma. Il y a l’ouverture, où l’ancien logo de la Universal se retrouve contaminé petit à petit par des éléments incongrus, il y a des claquettes, un beau duo dans des décors de studio volontairement factices, et il y a surtout tout ce numéro old-school, véritable cadeau fait à Gene Kelly, qui semble s’amuser comme au premier jour de la première à la dernière apparition. Une rencontre entre deux époques parachevée par une scène hallucinante où le style, sexuellement sauvage et électrique, des 80’s se tamponnent à celui, glamour et maîtrisé, des 50’s.

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Même quand il en fait trop (la scène du shopping qui canalise tout l’aspect queer et over the top de la mode eighties), même quand il s’évade (toute une scène d’animation réalisée par Don Bluth, réellement sublime), même quand ça déborde (le numéro final semble mettre tous les styles de l’époque dans une essoreuse à salade), c’est fun, nostalgique et revigorant.

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