Alien Isolation (2014) The Creative Assembly : Xenomorphement Vôtre

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Dans le cadre de l’univers vidéo-ludique, on ne peut pas dire que la saga Alien fut particulièrement bien servie : quelques titres sympathiques dans les 90’s (comme le beat them all Alien Vs Predator, les deux Alien3 ou Alien Trilogy dont on parle dans le bonus) et surtout les deux Alien VS Predator, qui ont marqué leur temps sans connaître de successeur digne de ce nom. À la fin des années 2000 (soit dix ans après le diptyque Alien vs Predator) la licence tombe entre les mains de Sega qui en tirera deux titres ratés : un reboot désespéré et un Aliens Colonial Marines médiocre. Avec la relance actuelle de la saga et l’émergence des FPS horrifiques, on était alors en droit d’attendre un remake à la hauteur des espérances…

Toujours édité par Sega, mais fignolé par les petits malins de Creative Assembly (à qui, il faut l’avouer, on devait une pelleté de titres pas très intéressants), Alien Isolation fait table rase de tout : des jeux précédents, des suites cinématographiques et des deux derniers opus vidéo-ludiques que tout le monde cherche à oublier. Et on sait que tout balancer par la fenêtre, ça fait parfois du bien.
L’idée générale, c’est donc de revenir à la source même : le sacro-saint premier film. Le jeu n’en sera pas une adaptation littérale, mais une suite nous mettant dans la peau d’Amanda Ripley – la fille de qui vous savez – alors lancée à la recherche de sa mère et découvrant une station spatiale désolée. Et devinez qui traîne dans les parages…

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Côté script, Alien Isolation ne nous apprendra rien de neuf, et n’essaye en aucun cas d’étirer la mythologie par des moyens abracadabrantes (coucou Prometheus). Une simplicité qui sera aussi son point faible, tant finalement le jeu ne dessine rien de bien original. La satisfaction du fan se trouvera avant tout dans la reconstitution maniaque du design du premier film, respectant la froideur à la fois ciselée et vintage (ah les bons gros ordinateurs) de l’atmosphère du Nostromo, jusqu’au moindre petit bruitage (ressortant même le score de Jerry Goldsmith). Une manière d’opérer un contraste avec la saga Dead Space, qui était à Alien ce que Resident Evil était aux zombies de Romero.
Ici, une station entière sera propice à une chasse à l’homme, où l’Alien ne sera évidemment pas le seul danger. Il faudra en effet se montrer patient, puisque le joueur croisera d’abord, et même souvent, quelques humains paniqués (et donc pas foncièrement sympathiques) et surtout une palanquée d’androïdes détraqués au look particulièrement inquiétant, véritables Michael Myers de l’espace qui tenteront de vous briser la nuque tout en vous rassurant (très frais donc). Arrive alors notre xénomorphe préféré…

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En plus du respect du design original de Giger, l’Alien retrouve son aura de cauchemar indestructible : inutile de vouloir lui péter la tronche à coup de fusil à pompe, rien ne marchera, si ce n’est un lance-flamme (pas éternel) pour le faire fuir. Amateur de rondes carnassières, pas très fan des bruits (essayer de courir pour voir) et affamé, il vous rendra la tâche impossible. Si les pics de stress sont légions, on finit tout de même par cerner assez vite le fonctionnement du bestiau. Sans compter que les habitués d’Amnesia risqueront de doucement ricaner. Mais ne chipotons pas : c’est tout de même efficace.

Là où ça coince, c’est que l’aventure devient vite répétitive, bien que haletante et assez conséquente : le joueur doit aller d’un point A à un B, et aura évidemment la chance de voir son espoir ruiné par une panne technique ou une intervention de l’Alien, l’obligeant à repartir ailleurs (et ainsi de suite…). Là encore, il faut avouer qu’on marche, mais la roublardise fait son temps : reste des moments spectaculaires que Scott n’allait pas sûrement pas s’autoriser à l’époque du film, avec une influence inattendue et très nette de Gravity dans certains passages !

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Particulièrement buggé, le jeu tient finalement son salut à tous ses aspects fan-service (le petit tour sur LV426 qui sert à rien mais fait plaisir), jusque dans un DLC reprenant la mésaventure sur le Nostromo. On apprécie le geste, tout comme on apprécie ce cadeau de fan qu’est Alien Isolation. À défaut d’être une claque, il a au moins le chic de redorer un blason bien terni.

LE BONUS :

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* Alien Trilogy (1996) Probe Entertainment : La même année que l’impressionnant Die Hard, Fox Interactive et Acclaim profitent des balbutiements de la Playstation pour livrer le premier FPS basé sur l’univers d’Alien. Évidemment, on parlait plutôt de Doom Like à l’époque et le quatrième film n’existait pas encore : c’est dire si c’était bien. Si en terme de structure, le jeu n’entretient qu’une logique très simpliste (des niveaux renvoyant à l’imagerie de chaque film sans se préoccuper de toute cohérence), on retrouve toute l’atmosphère oppressante et poisseuse des trois films. Couloirs mal éclairés, grottes suintantes, métaux crasses : jusqu’à l’utilisation du radar et ses bip si stressant. Pas très imaginatif mais efficace, il restera l’adaptation la plus digne jusqu’aux fameux Alien Vs Predator.

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