[Let’s Play] Déclaration d’indépendance : 15 OVNI du jeu vidéo indé

Avec GOG ou Steam, anciens et nouveaux jeux se mélangent, dégringolent et se succèdent à un rythme effréné. Parmi eux, une nouvelle vague de jeux indépendants, qui tente de s’imposer dans le monde impitoyable du jeu vidéo : bizarres, inconvenants, expérimentaux, hilarants…ils ne font rien comme les autres, et c’est sans aucun doute pour ça qu’ils méritent – parfois plus – un coup d’oeil. Et pour moins de 15 euros, certains redonnent clairement foi dans l’industrie vidéo-ludique. Suivez le guide :

* Gone home (2013) The Fullbright Company : Nous sommes en 95 ; Katie rentre chez sa famille après quelques voyages estudiantins. En guise d’accueil chaleureux, elle ne trouve que la grande maison familiale vide. Dehors, l’orage gronde et la maisonnée est plongée dans l’obscurité… D’un point de départ de survival horror très « indé » (ça tombe bien me direz vous), Gone Home dévie, se métamorphosant en quête intimiste et déceptive qui fait plus part à la nostalgie qu’aux frissons (que le joueur finira par s’inventer). Et même s’il serait mentir de reconnaître que le récit déployé soit renversant, on y resonge volontiers, avec cette sensation presque vertigineuse d’avoir plongé dans un quotidien qui n’était pas le notre. Une très belle expérience.

* Jazzpunk (2014) Necrophone Games : Dans un univers de carton-pâte où tous vos congénères ressemblent à des pions, vous voilà projeté dans une intrigue d’espionnage qui n’a, et n’aura, ni queue ni tête. Il est assez délicat de parler du cas Jazzpunk, ovni certes court mais rempli à ras bord d’easters eggs et de gags non sensiques que n’auraient pas renié les Monty Python. Vous aurez donc l’occasion de faire des combats de coussins, d’allumer un mixer jacuzzi, d’incarner un chat féroce, de vous travestir (pour ensuite faire des bisous à tout le monde), de jouer à un jeu de pizza horrifique ou de flinguer des mariés avec une bouteille de champagne. Et si tout ça vous semble flou ou improbable, c’est normal. Soyons clair : Jazzpunk est sans doute le jeu le plus drôle de l’année, et sans doute au delà.


* Nidhogg (2014) Messhof : Qui a dit qu’un jeu de combat avait besoin d’être beau ? Alors que sur les consoles de next-gen, le genre peine à bouger ses fesses, Nidhogg croise plates-formes et jeu de duel (façon cape et épée) dans un résultat à la fois bizarre et exaltant. Dans un pixel art jamais avare en détails incongrus, il faudra courser et éliminer un certain nombres de combattants dans des tableaux déglingués, mais à l’énergie et à la violence redoutables. Comme si Barbarians, sous l’influence d’Alexandre Dumas, se retrouvait shooté au LSD.

* The Stanley Parable (2013) Galactic Cafe : Vous voilà dans la peau de Stanley, un bureaucrate qui adore sa vie et son boulot horriblement répétitif. Un jour, tout s’arrête, et l’on doit aller plus loin que son bureau pour découvrir le pourquoi du comment, ou presque. Une voix off au flegme éloquent commente aussi bien vos faits et gestes que votre chemin à suivre : reste à savoir si vous avez envie de l’écouter…ou pas ! Malgré ses airs de fable à la BrazilThe Stanley parable pousse le bouchon un peu plus loin et joue la carte du conte méta, dont l’issue sera forcément différente selon les chemins empruntés. Nanti d’un humour savoureusement décalé, baignant dans une atmosphère alternant douceur et bizarrerie, l’expérience n’est pas sans rappeler un certain Portal, balayant la froideur apparente par l’absurdité, et surtout par pas mal d’intelligence. Même sa démo cache en réalité un niveau alternatif qui résume assez bien la nature maligne et imprévisible du soft.

* Hotline Miami (2012) Dennaton Games : Objet aussi défoulant que malsain rapidement labellisé « culte », Hotline Miami a trouvé habilement le moyen de surfer sur la vague rétro 80’s, entre palmiers fluos et vidéo-club borgnes. Piochant autant du côté de Drive que de Killing Zoe, le jeu des petits malins de Dennaton contourne l’aspect primaire de ses graphismes par une violence outrancière, où l’on traverse masqué des bâtiments dans l’espoir d’exécuter sauvagement des malfrats peu recommandables. Tendu, énergique et barbare comme une bonne vieille série b, le résultat est épatant.

* Divekick (2013) One True Games Studios  : Un peu vu de haut en raison de son potentiel parodique, Diveckick est peut-être le jeu de combat le plus original et le plus drôle vu depuis…ben justement, on cherche. Ici, il suffit de deux touches pour mener le combat, forçant le joueur à trouver toutes les tactiques possibles pour sauter et choper son adversaire en un coup. Le tout avec des personnages recyclant les stéréotypes du genre (chinoise hystérique, thug sensible, chuck norris du pauvre, loup-garou viril…) avec un humour aussi absurde qu’efficace.

* Goat Simulator (2014) Coffee Stain Studios : Une grosse blague visiblement très inspirée des lolgoats du net et qui offre donc l’occasion de se glisser dans la peau d’une chèvre. Pas question de suivre le troupeau, ici on est pas loin d’une version animalière (et beaucoup plus sympa) de Postal 2 : aucun objectifs donc, si ce n’est de tout piétiner, tout détruire, tout visiter et…tout lécher ! Le délire tourne court, mais amuse bien par son côté régressif et WTF (il suffit de voir le trailer, parodiant celui très célèbre de Dead Island, pour s’en convaincre). En d’autres terme : un vrai jeu de petit con, mais plutôt soigné.

* The forest (2014) Endnight Games : La mode du survival aidant, les développeurs indépendants n’échappent pas à la règle : bien qu’encore inachevé (en early access donc), The forestimpressionne assez par son esthétique crépusculaire et poisseuse rappelant les moments les plus éprouvants de The descent ou de Cannibal Holocaust ! Après un crash dans la jungle et le kidnapping de votre fils (ça c’est pour le petit côté La forêt d’émeraude…), on doit alors survivre coûte que coûte dans une jungle hostile aux autochtones voraces. Sans doute inspiré par le virage violent du dernier Tomb Raider, le soft en amplifie le côté survival, avec stockage de nourriture, construction d’abri…la terreur en plus.

* Viscera Cleanup (2013) RuneStorm : Dans l’espace, personne ne vous entendra…récurer. Ainsi pourrait se résumer ce jeu hautement improbable vous chargeant de nettoyer moult stations spatiales et autres labo qui ont vu des jours meilleurs. Quant C’est du propre rencontre Dead Space dans un soft sans enjeux (les tâches ne changent pas et il n’y a pas de durée de vie à proprement parlé) mais curieusement soigné. Si l’idée reste drôle, laver les sols crado et se prendre les pieds dans les seaux se révèlent aussi amusants que dans la réalité : c’est à dire pas du tout. Et malgré ça, on ne peut s’empêcher de rester fasciné par la chose.

* Proteus (2013) Ed Key : Cousin mutant de Dear Esther (un jeu contemplatif aussi beau que mortellement ennuyeux) Proteus se pose sans aucun doute comme le cas le plus abstrait et le plus expérimental dans le sillage des « walking simulator » (que certains seraient tenté de qualifier de « non-jeu »). Sans scénario, ni explication, nous voilà projeté sur une île déserte, où les saisons défilent et la nature s’éveille petit à petit. Pas d’action, pas de personnages tiers, le tout dans des décors en pixel art aux couleurs saturés, tendant vers une expérience proche de l’objet d’art interactif ou du poème virtuel. Au joueur de se laisser bercer par les nombreux sons et l’étrange temporalité, les petits détails incongrus et les respirations de l’île. Une œuvre zen comme on en voit pas tous les jours.

* Crypt of the necrodancer (2014) Brace Yourself Games : Depuis quelques temps dans la sphère indé, les jeux de rythme se déclinent davantage sous un autre genre, comme le jeu de combat avec Kickbeat, le jeu de plates-formes avec le très joli Beatbuddy ou, encore moins évident, le rogue-like avec ce Crypt of the necrodancer, dont la malice et le côté addictif l’emportent sur ses concurrents (d’ailleurs tout à fait recommandables). Il faudra donc se tirer de donjons infestés de viles créatures mais en rythme ! Le tout sur une chouette musique electro qu’on peut remplacer à loisir par ses propres mp3. Plutôt ardu mais très accrocheur, tout en étant accompagné de modes bien pensés (partie en local ou possibilité d’utiliser son pad dance, menus en forme de niveaux que l’on débloque petit à petit), le résultat jouit d’un capital sympathie énorme.

* The Last door (2013) The Game Factory : Dans un pixal art dépouillé à l’extrême (et un peu révulsant de prime abord) le joueur est invité à…se suicider ! Voilà donc les premiers instants de cette saga (toujours en continuation), qui ressuscite le point & click à l’ancienne. VRAIMENT à l’ancienne. Mais plus qu’une foire aux clins d’oeil et aux nostalgiques, les créateurs de The last door ont surtout réussi à faire du neuf avec du vieux, mêlant graphismes primaires, ambiance démente (très inspirée de Poe : enterrés vivants, corbeaux, manoirs isolés, folie qui galope…) et une réalisation résolument moderne, parsemée de trouvailles saisissantes et offrant un design sonore renversant (quelle musique !). Captivant, complexe, inquiétant : une perle à ne manquer sous aucun prétexte. Vous pouvez d’ailleurs découvrir les trois premiers volets gratuitement en ligne ICI 

* Volgarr the viking (2013) Crazy Viking Studios : A l’inverse du très sympa mais très poli Shovel Knight dans le même giron de la plate-forme rétro, Volgarr the viking n’a rien d’une ballade champêtre au pays des pixels. Empruntant autant à Conan le Barbare qu’à Ghouls n Ghosts (même gameplay, même difficulté), le résultat brise la routine d’un simple exercice de style soigné par une difficulté hardcore qui sera au choix, soit motivante, soit parfaitement détestable ; le tout se révélant être une question de rythme et de mémoire. Dommage que le sadisme des développeurs aille jusqu’à l’absence de sauvegarde ou de checkpoint (et même de password !). Mais avouons que Volgarr vaut bien le coup de s’arracher les cheveux.

* One late night (2014) Black Curtain Studios : Pas loin d’être une variation creepy de The Stanley Parable (même point de départ) ou un Gone Home qui aurait assumé sa dimension horrifique, One Late Night surprend déjà par sa gratuité. Bloqué un soir de semaine dans votre bureau (ce qui est déjà assez atroce), vous voilà dans les pattes d’un fantôme vindicatif à souhait, qui a décidé de vous donner quelques heures supplémentaires (et fatales). Assez sobre et très flippante, l’expérience risque de déplaire aux plus sensibles. Objectif réussi donc. Et c’est gratuit ICI

* Haunt the house – Terrortown : Jeu flash mignon, beau et original (même si on pense fortement à son ancêtre The Hauting), Haunt the house se retrouve avec une suite payante qui rallonge le concept de base : incarner un petit fantôme (tendance Casper) et faire fuir les habitants d’une ville (à contrario d’une maison dans la précédente monture). Cette fois-ci, il faudra également provoquer la mort de certains quidams pour grossir les rangs de la famille fantôme ! Toujours très joli et plein de gags visuels tordants, ce second opus justifie assez peu son statut payant (pas de challenge, une durée de vie minuscule, un gameplay faussement allongé) mais force la sympathie. Pour les fans du premier donc, toujours jouable ICI 

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