Paris International Fantastic Film Festival – 5ème édition

PIFFF2015

Venu frapper aux portes de l’hiver, le Festival du film fantastique de Paris est revenu, plus rugissant que jamais, et avec une nouveauté de taille pour cette cinquième édition : un déménagement au Grand Rex, qui avait vu naître son prédécesseur, enterré alors dans les 90’s. Un retour aux sources qui valait bien le déplacement, avec une petite sélection de cinq films.

finals

* The Final Girls, de Todd-Schrauss Schulson : Presque vingt ans (oui vous avez bien lu) après Scream, le meta-slasher devient une denrée courante dans le ciné d’horreur actuel. Croisement réjouissant entre Last Action Hero et Vendredi 13 (une jeune fille et ses potes sont catapultés dans un slasher 80’s), le résultat, tout de même sympathique, arrive hélas après Detention et La Cabane dans les bois, qui avaient déjà quasiment tout dit de ce côté là (sans compter Scream Queens, son concurrent télévisuel). Il faut malheureusement avouer que cette petite production ne tient pas longtemps face à la série de Ryan Murphy, et pour cause : une absence de violence et de sexe très PG-13, un casting décevant (soit les acteurs en font trop – Adam Devine, insupportable – soit pas assez), des gags qui tombent à plat, du pathos à la louche, un tueur raté…reste une ambition visuelle très surprenante (l’incroyable combat sous l’orage ou de nombreux effets visuels donnant parfois l’impression que le film a été pensé pour la 3D) et un rythme qui tient bon. Et le plaisir d’entendre encore Betty Davis Eyes ou Cruel Summer.

death* Deathgasm, de Jason Lei Howden : On le sait depuis l’année dernière, la Nouvelle-Zélande voit manifestement débarquer une nouvelle génération de peterjacksoneux première période manifestement très en forme. Après Vampires en toute intimité et Housebound, Deathgasm vient se joindre à la fête : deux metalleux laissés pour compte réveillent au son de leur guitare une force barbare et incontrôlable, du genre à laisser les démons galoper sur terre. Même si les références sont manifestement là (Braindead et Evil Dead), Deathgasm dégage une énergie diabolique, alternant débauche de gore et humour gras (l’utilisation inattendue de sextoys lors d’un combat d’anthologie) comme au bon vieux temps.  En bref, ce n’est ni très original ni très fin, mais ça fonctionne.

evolution

* Evolution, de Lucille Hadzilalhovic : Avec son imagerie de maison de poupées blafarde, Innocence avait été un véritable choc en son temps, ovni doux, beau et inquiétant comme on en voyait peu en France. Très attendu, Evolution en suit les codes atypiques, loin des modes, loin de la normalité, loin de tout. Car oui, Hadzilalovic nous ballade une fois de plus très loin, avec un conte aux embruns de mort et de sel, où un destin mystérieux semble guetter les enfants d’une communauté exclusivement féminine. Bien que moins impressionnant et abouti que son prédécesseur, Evolution prolonge la fascination. De quoi y revenir sous peu, et pas qu’un peu.

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* Blind Sun, de Joyce A. Nashawati : Chargé de tenir la maison d’un couple bourgeois français insupportable dans une vallée chaude comme la braise, un immigré voit sa garde se transformer en insidieux cauchemar, tendance Polanski sous le soleil. C’est d’ailleurs là où le bat blesse dans ce premier long soigné et souvent fascinant (belle photo, cadre méditerranéen inquiétant et suffoquant, corps masculin trimbalé et érotisé à chaque image) mais paralysé par ses références (Le locataire ou Wake in Fright). Trop sage, le film ne s’aventurera guère au delà.

somekind

* Some Kind of Hate, de Adam Egypt Mortimer : Sur un point de départ très curieusement proche de Deathgasm (un ado rock-goth martyrisé invoquant une force maléfique qui le dépasse, en l’occurrence ici le fantôme d’une ado très portée sur la scarification), Some Kind of Hate se taille plutôt la part du premier degré nihiliste, tout en se dissimulant derrière un argument de slasher surnaturel façon Hello Mary-Lou ou Tamara. L’idée n’a rien de regrettable en soit (une manière de traiter frontalement alors du bullying) mais bien vite gâchée par un récit au souffle court (ça tourne très vite en rond) et une galerie de personnages peu attachants, voire tout simplement antipathiques. Aussi léché et gore soit-il (même si les corps lardés de coups de rasoirs, ça va bien deux secondes), Some Kind of Hate est un film qui tire la gueule et flingue gentiment sa pseudo singularité.

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