L’Express de Minuit #24 – Octobre 2015

green

* The Green Inferno, de Eli Roth : Repoussé, attendu, trop attendu peut-être, The Green Inferno  a connu une première (et une dernière) parisienne avant d’atterrir en e-cinema, à l’inverse du très moyen Knock-Knock. Il faut dire qu’en plus d’être assez extrême, The Green Inferno sent le petit budget à plein nez, avec une photo atroce façon numérique cheap trahissant les intentions old-school de Roth. Un visuel médiocre pour un film d’horreur de samedi soir assez prenant et généreux, et ayant au moins l’intelligence de ne pas nous refaire Cannibal Holocaust, tirant cette fois ci à boulets rouges sur les pseudo-humanitaires à la noix.

visit

*The Visit, de M.Night Shyamalan : Found footage + Shyamalan + Blumhouse : la recette avait tout de l’échec programmé. Et pourtant, il faut croire que faire revenir Shyamalan a de petites productions lui a apporté la fraîcheur perdue le temps de deux insupportables blockbusters. Une ado se rêvant cinéaste (difficile de ne pas penser aux propres homes movies de Shyamalan) et son petit frère rencontrent pour la première fois leurs grands-parents, qu’ils n’ont jamais vu suite à une brouille familiale. Drame de la vieillesse ou malédiction démoniaque, les deux bambins commencent alors à douter de la sérénité (et de la sélénité) de papy et mamy. Mêlant auto-dérision et saillies glauques, The Visit impose de rares facilités (le coup de l’appareil dans le salon façon Paranormal Activity ou l’attaque dans la chambre à la REC) mais force définitivement la sympathie, à la fois malin et flippant comme il se doit.

emily* Sicario, de Denis Villeneuve : Après le très ovniesque Cartel, une nouvelle plongée  dans le monde des neuro-trafiquants qui ne fait décidément pas dans la demi-mesure : dès la scène d’introduction, assourdissante et ultra-violente, Villeneuve impose une tension au cordeau, une imagerie macabre volontiers gore et une odeur de souffre qui nous ne lâche jamais. Si tout ne passionne pas, Villeneuve se pose une fois de plus en esthète de taille.

 

Georgio (Vincent Cassel), Tony (Emmanuelle Bercot) und ihr Neugeborenes

* Mon Roi, de Maiwenn : Le couple en crise dans le cinéma français, c’est comme les triangles amoureux ou l’adultère : c’est un passage tristement obligé. Même pour Maiwenn, dont les sujets des œuvres antérieures sortaient pourtant du lot. Se dissimulant derrière son alter-ego Emmanuelle Bercot pour filmer la relation fleuve entre une avocate et un pervers narcissique, la réalisatrice fait ce qu’elle fait de mieux, avec un résultat plus prévisible que d’habitude : des scènes de groupes relevées et vivantes, de l’hystérie, des acteurs au poil (dont un Louis Garrel étonnement hilarant), un peu d’ambiguïté (cette fin…hum hum). C’est hélas moins convaincant que Polisse (trop de scènes poussives dont un dialogue introductif à se taper la tête contre les murs) ce qui explique sa volée de bois vert à Cannes, mais déjà plus emballant que la moitié de nos comédies du 16ème.

regresion* Régression, de Alejandro Amenabar : Voilà près de quatorze longues années que Alejandro Amenabar n’a plus touché au genre, partant voltiger vers de nouveaux horizons (qui lui ont plutôt réussi pour tout dire). Mais il était temps que le maestro, qui a elevé avec Del Toro le cinéma fantastique ibérique en label de qualité, revienne à la charge. Problème : personne ou presque ne parle de ce Regression, dont l’aura semble avoir été étouffé fissa. Décidément de plus en plus habitué au genre, Ethan Hawke endosse le costume d’un inspecteur chargé d’une affaire de viol incestueux : un cas à la fois sordide et classique, jusqu’au moment où la victime révèle avoir été victime d’un rituel satanique. Du thriller démoniaque garanti sans possession grand-guignolesque (ouf) et sans reconstitution RobZombiesque (dommage ?). Un peu sage, mais prenant et magnifiquement photographié, Régression ne fonctionne pourtant pas totalement jusqu’à son dénouement où tout s’éclaircie, et surtout ce que l’on craignait: Amenabar se croit encore dans les 2000’s et s’est vu obliger de nous servir un thriller à twist tiédasse, du genre à nous prendre pour des valises. Autant dire que le titre est de circonstance…

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