The Myth of the American Sleepover (2010) David Robert Mitchell : Midnight Club

DEF

Si It Follows avait fait sensation lors de son passage à la Semaine de la Critique, on ne peut pas en dire autant, quatre ans auparavant, de The Myth of the American Sleepover, pourtant né du même auteur. Un teen movie léger et inoffensif (mais sublime), trop pour une croisette qui n’a dû voir en lui qu’un courant d’air. Le film ne sortira jamais en salles chez nous, au contraire de l’affreux Palo Alto, première film de la nièce Coppola dont les intentions restent étonnements proches. En filmant quelque chose de simple et de déjà vu (premiers amours, errance adolescente), David Robert Mitchell avait pourtant infiniment plus de choses à dire.

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Pour la sortie blu-ray de It Follows, le premier film de Mitchell se retrouve alors en bonus sur la galette (après une sortie très discrète en dvd), le seul d’ailleurs, position à la fois un peu dégradante mais flatteuse dans l’idée qu’elle puisse permettre la découverte du film. Et vu le film en question, on ne s’en plaindra pas…

Fin de l’été. On déchante, on inspire, on profite un peu. On va arrêter de se baigner et le temps va se rafraîchir. La rentrée approche. Pour certains, on entre au lycée aussi.

Beaucoup de personnages à l’écran, trop diront certains. Mais rien n’échappe à la mise en scène claire et précise de Mitchell (il est même déconseillé d’aller faire un tour durant le métrage). Il y a Maggie (Claire Soma, lumineuse) qui traîne avec sa meilleure pote Beth : quelques œillades à deux garçons, et elle ne sait plus lequel choisir et surtout où aller. Rob lui, un peu mythomane et séduit par l’inaccessible, tombe amoureux d’une fille au supermarché et tente par tous les moyens de l’a retrouver. Scott, le grand frère protecteur, part à la conquête deux jumelles qu’il avait rencontré lors d’un bal de promo. Et puis il y a Claudia, qui ne sait même plus pourquoi elle va à cette pyjama party, qui va d’ailleurs lier tous les personnages.

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Cette dernière nuit d’été, cette nuit blanche, sera indéniablement le début et la fin de quelque chose. Car toutes ces agitations, ces disputes ou ces malentendus, tous ça ne sont que des affaires de coeur, que Mitchel capte avec une légèreté indéniable. Disons pour faire court que l’homme se réclame plus de Truffaut que de Larry Clark.

En ces temps d’ado trashouilles et libidineux, The myth fait preuve d’une pudeur et d’une délicatesse non pas régressives, mais au contraire tout à fait rafraîchissantes. On se frôle, on se regarde on se cherche. Quelque chose de glacé et de doux, comme avant la chair, avant la fièvre, avant le reste.

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À voir The Myth maintenant, on ne peut évidemment s’empêcher de faire des connexions avec It Follows, qui en est clairement son pendant horrifique. Mitchell y délaissait la dimension « carpenter » qui allait irriguer son film suivant, mais livrait déjà un jeu de pistes séduisant avec le genre (l’utilisation d’un ouija, les séries z diffusées à la télévision, le goût de la nuit et des lieux abandonnés comme cette piscine ou ce bâtiment désaffecté), avec un sens de l’atmosphère particulièrement habile. C’était là la dualité voulue de Mitchell : un film représente le rêve, l’autre le cauchemar. Au delà de la beauté du geste, ce que The Myth réussit par dessus tout, c’est de nous engouffrer dans une nuit qu’on a pas envie de quitter. Comme ses personnages.

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