The Human Centipede First Sequence (2009) & Full Sequence (2011) Tom Six : Abomination

Une fois n’est pas coutume, il aura fallu un petit film qui voyait grand dans l’horreur : au regard du buzz provoqué par la séquelle du film de Tom Six, il est bien obligé de reconnaître que nous sommes revenu à un cinéma sans limites, comme ce fut le cas dans les 70’s. L’ignominie filmique ne s’applique plus au milieu underground, elle retrouve le chemin du cinéma d’auteur et des écrans de vidéos-clubs, voire des écrans de cinéma. De là, il conviendra de trier les désirs de provocations et de reconnaissances aux intentions plus exigeantes. Citons alors pêle-mêle Antichrist, A Serbian Film, Martyrs, les Saw, Taxidermie, Hostel…le cinéma de l’abjection est de retour (voir le Mad Movies N°246 qui en parle un peu plus en détail) !

The Human Centipede rejoint ce peloton sans trop d’effort, son concept hors-normes entretenant un statut culte allant grandissant. Comme un Cronenberg (ou un Yuzna ?) de la grande époque, Six expose froidement les exactions d’un savant fou (le démentiel Dieter Laser) cherchant à créer un mille-pattes humain avec trois touristes égarés qu’il a préalablement kidnappé. Les sujets seront irrémédiablement conscients après transformation mais devront surtout partager un seul et unique système digestif. Étant soudés cul à bouches, je vous laisse imaginer le résultat…
Concept posé, illustré, transmis et… ? Oui, The Human Centipede est inconvenant à plus d’un titre, mais ne fait qu’étirer une simple idée qui aurait suffit à un moyen métrage. C’est poussif et chiant, en d’autres termes (et sans mauvais jeu de mot)…mais la fin traumatisante confirme l’apanage de Tom Six à déranger au plus profond. Et son travail a l’avantage de ne pas puer l’amateurisme.

Rapidement alerté par certaines critiques regrettant un film assez peu extrême dans ses débordements graphiques, Tom Six décide de pousser le bouchon encore plus loin : pari gagné, son interdiction en Angleterre alimente la promotion de son film. Ironiquement, il met en scène un fan du premier film, un gardien de parking sacrement ravagé bien décidé à faire son centipede à lui. Son peu de quotient intellectuel et son absence de notion en chirurgie annonce alors accessoirement un spectacle de haute volée.

A l’horreur clinique du premier film, Six convoque un noir et blanc crasseux et des scènes gores cette fois parfaitement complaisantes (les acteurs ont dû adorer). Le syndrome « plein la gueule » en quelque sorte ; démarche ô combien racoleuse mais assumée. Inutile de préciser que ceux qui ont eu des hauts le coeur pour le premier opus risquent de s’évanouir ici, véritable bain de sang et d’excréments qui s’étire à son tour dans les immondices les plus rédhibitoires. De quoi se sentir sale durant une bonne semaine. Maxi effets pour zéro intérêt…à part sans doute pour les « frustrés » du premier film. Mais le voeu de Six, lui, est clairement exaucé.

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