Girls, Saison 1 : Les filles d’à côté

 Quand la tv s’empare du quotidien féminin, on sait à peu près à quoi s’attendre ; mais y’aurait-il un compromis entre la lycéenne /étudiante, et la femme mûre indépendante ou la housewives ? La réponse arrive, et elle s’appelle Girls. Fleur discrète du cinéma indépendant, Lena Dunham s’est prise malicieusement des airs de Woody Allen féminin sans trop y toucher ; à ce statut, on pouvait déjà citer d’ailleurs Julie Delpy et ses fameux « Two Days ».
Sauf que Lena a la fraîcheur de la jeunesse et le regard d’une autre génération : celle de ces enfants qui ont traversé furtivement les 80’s, ont grandi dans les 90’s avant de connaître la souffreteuse Amérique post 11/09. Tout comme Woody, Lena confond sa vie avec son homonyme fictif (du moins, pas tant que ça justement), et ne joue pas sur son physique mais de son bagout, de sa soif d’écrire et de ses sempiternelles maladresses ; et la Grosse pomme elle, est toujours là, mais moins sublimée, moins imposante.

Sous son titre passe partout, Girls suit les tribulations de Lena (ici Hannah) et de trois de ses amies : il y a Marnie, coincée et pas très heureuse en ménage, et donc en attente d’une éventuelle « libération » salvatrice ; Jessa la londonienne bohémienne et farouche qui choisit ses mecs et enfin Shoshanna, la vierge un peu cruche. Le tout suivant les couleurs et le ton du Mumblecore, dont il est une des progénitures légitimes : l’ensemble est fluide, la prise avec ces bouts de femme instantanée, les épisodes courts (trente minutes à tout casser). Tout commence d’ailleurs lorsque Hannah reçoit la visite de ses parents, lui annonçant qu’ils lui coupent les vivres, l’a forçant ainsi à quitter son train train d’écrivain pour la pousser vers un avenir plus concret.

Les coups de blues, les prises de becs, les sempiternelles parties de jambe en l’air, les fêtes, les embrouilles, les ruptures (amicales ou amoureuses) : tout y est. HBO oblige, on pense obligatoirement à un Sex & the City rajeuni. Un raccourci facile et digéré…
Car on est loin du bling-bling fashion de la série de Darren Star : Dunham est parrainée par Appatow, et ce n’est pas pour rien. Dès le premier épisode, le personnage de douce écervelée qu’est Shoshonna déclare d’ailleurs son amour pour la série en question, et compte bien ranger toute connaissance qu’elle peut dans la peau de ses héroïnes préférées : manque de pot, et au contraire de ses idoles diablement sexuées et sexuelles, Shoshanna est toujours pucelle !

Anti-glamour (on ne compte plus les scènes de WC), cru et radical (les scènes de rapports sexuels ne cherchent pas foncièrement l’érotisation et lui préfère même le malaise), Girls s’impose un casting sans fards, que symbolise à merveille une héroïne rondelette et naturelle. Il y a de la simplicité, du rythme, de la vie, sans compter une b.o aux petits oignons où l’on croise tour à tour MGMT, Robyn, Fleet Foxes, The Vaccines, Oh Land…
On parlait de « nouvelle génération » : tout le soucis du personnage d’Hannah (et par extension de Lena) est justement de devenir une voix de sa génération. On ne peut que rarement s’avancer vu les dix épisodes de la Saison 1 mais cette sensation d’entre-deux vacillante et désenchantée de « l’après-fac » est captée avec la justesse qui se doit. Girly certes, mais pas si rose…

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