True Blood, Saison 5 : Le Sang du Châtiment

Un bain de sang plus tard, la conclusion de la saison 4, inégale certes, nous avait laissé sur le carreau avec une chute d’une violence sans détour. Un bon moyen de maintenir un public avide, en particulier lorsque l’on touche à un des personnages principaux. Mais elle annonçait surtout le retour d’un personnage à la cruauté démentielle, le délicieux Russell Edington qui, au cours de la saison 3, était à deux doigt de déclencher une guerre entre vampires et humains après avoir cracher sa haine à la face du monde lors d’un prime time mémorable. 

La grande surprise de cette saison 5 se situe pourtant ailleurs : le détour par la Fantasy (les origines de Sookie et les nombreuses créatures annexes) avait commencé à banaliser le mythe du vampire au sein de la série : on retourne ici au fondamental, là où la saison 4 faisait affronter vampires et magie noire. Seul une sous-intrigue prétexte tente d’ajouter une couche dans le bestiaire surnaturel avec une vengeance d’outre-tombe trouvant sa source dans le conflit Irakien ! Surprenant, et tout à l’honneur du personnage de Terry Bellefleur, sauf que cette mésaventure ne fait que gonfler vainement quelques épisodes plutôt que d’irriguer le noeud central du récit. Tout comme dans la saison dernière d’ailleurs…
Place davantage aux vampires donc, avec la découverte de l’Autorité, confrérie pacifique toute puissante recluse dans un temple souterrain et dont le meneur (incarné par Christopher « Oz » Meloni) prône avec certitude l’alliance entre humains et vampires. L’arrivée de Bill et Eric au sein de l’ordre et le retour imminent de Russell, qu’on imagine ivre de vengeance et de folie, vont alors mettre un boxon de tous les diables. Au délà d’un désir de pacification qui va vite tourner au vinaigre, on y découvre l’existence des sanguinista, des extrémistes religieux vampires louant la bible des vampires (!!!??) et le règne de la légendaire Lilith. 
Avec un sens du grand-guignol toujours plus poussé (on a jamais vu autant de desintégration de vampires), les séquences se déroulant du coté de l’Autorité développent autant un humour noir réjouissant que des rebondissements chaotiques, donnant à un vaste complot des allures de méli-mélo écrit au jour le jour par des scénaristes surexcités. À cela, les sous-intrigues à Bon Temps se propagent et les personnages se multiplient (sans compter les nouveaux comme Nora, la « soeur » de sang d’Eric, la langoureuse Salomé, de nouvelles fées, le père d’Alcide…) : Andy Bellefleur et sa nouvelle liaison menacée par une fée coquine, Alcide et ses soucis de meutes lycantrophes (dans une atmosphère à la Son of Anarchy), Lafayette traînant encore quelques restes de désespoir sorcier, Sookie face à ses origines, le triangle amoureux Jessica/Hoyt/Jason, Tara et sa nouvelle existence de vampire…
Au final, le show gère hélas assez mal cette propagation d’intrigues parfois maladroites, usant d’idées à la va-vite jusqu’au grotesque (un vampire-fantôme, really ?) et sacrifiant au passage le personnage de Russell (réduit alors à un pantin comique et racé gesticulant au fond d’un plan). 
On en tire tout de même la description d’un Amérique parallèle plus vraie que nature, où des bouseux armés jusqu’au dents, les Obama, tuent tous les « non-humains », et quelques nouvelles pistes sur la « famille » de Sookie. Mais il faut relever que l’ambiance de folie imprégnant les dernières épisodes reste tout de même d’une efficacité absolue (jusque dans une scène d’adieu étonnement bouleversante). 
La saison 5 se débarrasse alors de ce qui coulait dans les veines de la série : la romance interdite, explorée jusqu’à plus soif et ici ignorée (rebondissant vaguement sur le personnage de Jessica) ; l’occasion de rendre le personnage de Pam toujours plus touchant (sa rencontre avec Eric enfin révélée), surtout lorsqu’elle élève sa nouvelle progéniture vampire en la personne de Tara. Une vraie surprise.
Foutraque dans le bon et le mauvais sens du terme, pas à l’abri d’un cliffangher bien méchant, on se demande bien ce que l’univers de Charlene Harris nous réserve encore après cette saison annonçant des séquelles au goût de chaos fort alléchant.

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