Subconscious Cruelty (1999) Karim Hussain : Transe de Mort

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 Visiblement tourné vers une carrière prometteuse de chef-op (on lui doit les éclairages crasseux de Hobo with a Shotgun, Territoires et du récent premier film du fiston de Cronenberg, Antiviral), on pensait pouvoir faire une croix sur ce cher Karim Hussain : son segment déviant pour le fameux Theatre Bizarre, Visions Stains, prouve alors le contraire à grands coups de seringues. Quelle que soit la suite de sa carrière, il faudra méditer sur le fait que son oeuvre somme sera difficile à dépasser à bien des égares : c’était il y a 13 ans, et c’était Subconscious Cruelty, soit une invitation dans les rejets de l’imagination humaine, dans la part noire de tous, dans les fantasmes innommables.
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Une telle folie que sa réputation ne put s’effectuer que quasiment sous le manteau, grâce à quelques dvd imports : pour une oeuvre réalisée à 19 ans (et sur plusieurs années !) c’est encore un vrai défi. Peu scrupuleux de suivre une mode quelconque, Subconscious Cruelty pourrait être une pellicule froissée retrouvée dont on ne sait quel cave cramoisie.
Hussain capte la liberté de création qui faisait le prix des folies chères à Jodorowsky ou à Lynch, et y injecte une frontalité nauséeuse proche de la verve nécrophile d’un Jorg Buttgereit.
Tout se formalise ainsi autour d’un trip, dénué de logique et de fil rouge : les images vont et viennent, certaines formant de vagues récits sans doute surgis d’une nuit trop agitée, ou d’une fièvre envahissante.
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Les couleurs nauséeuses, les textures poisseuses, cramées, ternes, se plaisent au changement : il y a cet homme jouissant d’une passion immoral pour sa soeur, baignant dans un cauchemar à la Argento, des extérieurs blafards de fin du monde, des chambres miteuses, des tableaux infernaux. Ici, la sensation du cauchemar n’a rien d’excitante : Hussain, tellement soucieux de pousser le bouchon aussi loin que possible, nous met le coeur au bord des lèvres en permanence. Et si telle séquence scabreuse ne suffit plus, la suivante se charge de faire pire.Image-1Image-2
Provocant certes, mais parfois somptueux dans le lyrisme quasi indécent avec lequel il revisite les horreurs du cerveau humain : si on se lasse des tortures infligés à un quidam sous menace extra-terrestre, ce soleil levant sur une orgie de chair et de sang en rase campagne ou la visite d’une demeure en décomposition réveillent les spectres de la grande poésie décadente. Celle de Baudelaire ou de Lautréamont, celle là même qui allait chercher le sublime dans un dernier souffle de vie et des étoiles dans la chair morte.
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Toutes cette montagne de souffrance se devait alors de se conclure dans le sacrifice ultime : Jesus, revenu parmi nous, devient le repas de succubes affamées le temps d’une sarabande cannibale. À ce point de non retour se pose les images brumeuses d’un homme jouissant dans une cascade imaginaire : comme si au bout de toutes ces abominations, l’ont devait se laver des péchés étalés jusqu’ici, et vivre enfin l’ultime purification attendue.

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